Questionnaire commerce multi-services

Notre Conseil Municipal nous a transmis un questionnaire il y a quelques semaines concernant la création dans notre village d’un commerce dit multi-services. Cette question se pose depuis plusieurs années, à l’initiative des nostalgiques du bon temps passé.

Cette enquête dans la suite des ateliers de la démocratie participative montre les dangers de la méthode, les participants demandent tout à l’Etat, sans se préoccuper ni des coûts (suivant la célèbre formule « c’est gratuit c’est l’Etat qui paie ») ni de la rentabilité. Consulter les citoyens est une bonne chose, mais le risque du collectivisme rampant est là, surtout si l’Etat, en l’occurrence la Commune, devient promoteur, bailleur et commerçant.

J’ai donc répondu au questionnaire par le texte suivant :

« Avant de répondre au questionnaire, je me suis posé la question de savoir ce que deviendra Reventin-Vaugris à l’échéance de 20 à 30 ans. En effet l’ouverture d’un commerce de par les investissements qu’il requiert et l’impact immobilier doit s’inscrire dans la durée.

Pour connaître le futur, il est toujours bon de connaître le passé, car si la prolongation des courbes est un exercice risqué, il permet d’avoir une idée sur la tendance.

Entre 1962 et aujourd’hui, la population est passée de 848 habitants à 1785 (dernier recensement officiel connu). Cette tendance devrait se poursuivre, Vienne n’ayant pas de possibilité d’étendre les surfaces constructibles, ce sont les communes périphériques qui vont voir leur population augmenter, qu’on le veuille ou nom.

Notre précédent maire s’était engagé au cours d’une séance de vœux à limiter le nombre de constructions nouvelles afin de laisser à Reventin-Vaugris son caractère de village rural et limiter la population.

Dans l’année qui a suivi, le nombre de construction nouvelles a explosé , ainsi que la construction de HLM. Il est donc vraisemblable que le village sera de moins en moins agricole et de plus en plus urbanisé.

Que faire pour anticiper cette augmentation prévisible de la population ?

Tout simplement, la commune et l’agglo doivent améliorer ce qui est de leur responsabilité, c’est à dire améliorer les réseaux et leur efficacité :

  1. Les routes : leur état est tellement dégradé que bientôt à certains endroits nous allons rouler sur des pistes de terre.

  2. Le réseau électrique : il est victime de nombreuses coupures incompatibles avec certaines activités, et les puissances proposées sont réduites.

  3. Le réseau téléphonique : la fibre est indispensable pour de nombreux métiers que l’on peut exercer à domicile ou dans des locaux de petite taille.

  4. L’aspect général du village : certaines zones semblent abandonnées.

Il faut se rappeler le premier conseil donné aux créateurs de commerces :

La première condition pour qu’un commerce soit rentable est l’emplacement.

Le second est l’emplacement

Le troisième est l’emplacement.

Si en améliorant les réseaux, on peut espérer attirer des entreprises du secteur tertiaire, le centre village restera géographiquement un mauvais emplacement pour un commerce.

  1. Il n’y a pas réellement de centre village, les points de ralliement sont éparpillés dans la commune : l’école, le stade et le gymnase, la poste, la mairie, l’église.

  2. Le centre village n’est pas un lieu de passage, un commerce ne peut compter que sur la population locale, sauf à créer une « locomotive », mais laquelle ?

  3. Les quartiers de La Balme, l’Aubressin et Vaugris gare ne sont pas intégrés au centre village et on plus d’affinités avec Vienne qu’avec Reventin.

Dans certaine régions, 70 % des communes rurales n’ont plus de commerce de proximité (Haute Normandie, Lorraine, Picardie, …

On peut se poser la question de savoir si les commerces sont nécessaires pour l’animation d’un centre village et si les associations diverses ne sont pas plus importantes et efficaces que les commerces.

A Chonas l’Amballan, il y a un centre à vocation commerciale, il est tres bien situé sur la RN7 et facilement accessible par les habitants des communes voisines, Chonas, Reventin et les Côtes d’Arey. Pourtant malgré la présence d’une « locomotive », Leader Price, certains locaux restent désespérément vides, le taux de rotation des commerces est élevé.

Comment dans ces condition espérer avoir un commerce dans l’environnement défavorable de Reventin ?

Ouest France a fait une étude sur les commerces ruraux, les conclusions sont sans appel concernant Reventin. Pour que les commerces de proximité survivent il faut :

  1. être un village à plus de 20 mn d’un centre urbain important
  2. plus de 5000 habitants.
  3. une zone de chalandise d’au moins 25 000 habitants à moins de 15 mn.
  4. une croissance démographique.

Ces critères peuvent être assouplis en zone touristique et s’il y a une clientèle de passage.

Le centre de Reventin n’a aucune de ces caractéristiques.

Les nouveaux arrivants dans les communes, généralement des jeunes parents avec des enfants, ne sont pas attachés au commerce de proximité et préfèrent réaliser leurs achats à proximité du lieu de travail et dans les hypermarchés.

Un permis de construire a été accepté pour qu’ADVIVO construise un HLM composé de logements et d’un local à vocation commerciale en rez de chaussée. Le terrain a été acquis par la municipalité depuis plusieurs années en prévision de cette construction. Ne fallait-il pas se poser la question de savoir si un commerce rentable pouvait s’implanter dans le village avant d’entamer la construction d’un bâtiment, et de dépenser l’argent de nos impôts dans un investissement foncier stérile ?

Maintenant il va être construit, que devons nous en faire ? Si ce local est inutilisé qui en supportera les charges ?

L’objectif du questionnaire est de connaître les besoins des habitants, mais dans quel but ? Je vois deux possibilités :

  1. Le résultat de cette enquête est proposé a des investisseurs (Carrefour Market, Supérette Casino ..) pour les inciter à ouvrir un point de vente dans les locaux prévus, avec une forte probabilité que leur réponse soit non.

  2. La commune équipe le local à nos frais et propose la gérance du commerce à un professionnel, dans le même esprit que la boulangerie. Ce qui veut dire que des gens comme moi, vont payer sur leurs impôts un service qu’ils n’utiliseront pas et qui relève du secteur marchand privé.

Le but du questionnaire est de cerner les besoins des habitants, ce qui a déjà été travaillé par un des groupe de la réunion démocratie participative et je me suis déjà exprimé sur le sujet sur mon site le 22 avril.

Lors d’une enquête les gens donnent des réponses qui ne reflètent pas leur comportement.

Le meilleur exemple local est le marché, lors des conversations tout le monde y est favorable, mais de fait personne ne le fréquente !

J’ai remarqué que les demandes extravagantes d’un boucher ou d’une pharmacie ne sont pas reprises dans la liste.

Commentaires sur l’enquête :

Bien qu’habitant dans ce qui est qualifié de centre village, je suis la cible de commerce multi-services de proximité, mais je ne le fréquenterai pas.

Pourquoi ?

  1. Manque de choix de par la taille du magasin.

  2. Surcoût de 20 et 30 % par rapport à un hyper.

  3. Heures d’ouverture, quelque soit la motivation du gérant, il ne sera pas ouvert de 8 heures à 19 heures en continu, y compris les jours fériés. L’exemple de la boulangerie est très démonstratif.

  4. Ce commerce ne pourra jamais satisfaire mes besoins en produits divers et je serai obligé de me rendre dans les zones commerciales du nord de Vienne, ou j’achèterai le maximum de produits pour gagner du temps et réduire mes déplacements.

Pour quels commerces ?

  1. Alimentation générale épicerie produits frais boissons.

    Aucun intérêt, ces produits sont disponibles à bas prix chez Leader Price à Chonas. Depuis l’ouverture de Prim’Arche, nous disposons dans cette zone d’un point de vente de produits locaux.

  2. Dépôt de pain.

    Il existe des congélateurs.

  3. Non alimentaire

    Il suffit d’aller une fois par mois dans un hyper pour s’approvisionner sur un grand choix de produits non périssables, il y a aussi Amazon.

  4. Petit bricolage.

    Aucun intérêt, présence de MR Bricolage à Vienne, et livraisons par Amazon et autres fournisseurs en ligne.

  5. Dépôt panier légume / colis viande.

    Ce mode de distribution pour l’avoir testé, ne répond pas aux besoins, il faut compléter en magasin classique. Les clients en nombre réduit se lassent rapidement.

  6. Services alimentaires rôtissoire, point chaud, traiteur, plats préparés

    Je ne connais pas le succès du traiteur de Prim’Arche, il présente peu de produits en comparaison du choix dans les rayons des hypers.

  7. Services non alimentaires

    Est-il possible de créer un dépôt de bouteilles de gaz vu les contraintes de sécurité indispensables depuis que les terroristes en font une arme ?

    Le mieux est de passer en tout électrique pour ceux qui ne peuvent pas (ou plus) manipuler les bouteilles de gaz, même si elles sont moins lourdes qu’autrefois.

    Dépôt pressing, pourquoi pas, mais ce service ne peut-il pas être assuré par la boulangerie ?

    Services de livraison, utile en particulier pour les médicaments.

  8. Presse carterie

    Ces commerces sont en difficulté et directement en concurrence avec les services Internet et de ses tablettes.

    Pour la seule année 2014 (derniers chiffres disponibles), 1000 points de vente de cette catégorie ont disparu sur 25 000, soit une baisse énorme de 4 %. (2)

  9. Tabac et Française des Jeux

    Nous avons déjà un commerce de tabac et jeux sur la RN7, un excellent emplacement. Je me demande ce que peut penser ce commerçant lorsqu’il constate que ses impôts vont servir à financer un concurrent qui risque de le mettre en difficulté ?

    Pour ouvrir une commerce de tabac il faut l’agrément de l’État et pour un commerce de jeux l’agrément de la Française des jeux. Dans les deux cas c’est un agrément personnel du commerçant, et pas un agrément au magasin, ce qui pose des problèmes de périnité.

    Le nombre de détaillants est en diminution surtout dans les petites communes, à cause de la hausse du prix des tabacs et de la diminution de la consommation.

  10. Point argentLe liquide est en voie de disparition.
  11. Point relais colis, c’est le rôle de La Poste, maintenue à grands frais, la boulangerie pourrait aussi assurer ce service.
  12. Dépôt de fleurs / décorationAucun espoir de rentabilité.

En conclusion, nos impôts seraient mieux utilisés à entretenir les réseaux que perdus en subventions directes ou indirectes à des commerces non rentables car mal situés.

On ne peut pas habiter une petite commune rurale et avoir les services d’une grande ville, on ne peut pas être une commune rurale et avoir des transports en commun, on ne peut pas avoir des activités « gratuites » sans augmenter les impôts.

Sources :

(1) https://danielpollet.wordpress.com/2017/04/22/democratie-participative-2/

(2) http://www.lejdd.fr/Medias/Presse-ecrite/Le-nombre-de-points-de-vente-de-presse-en-France-passe-sous-les-25-000-770013

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Auteur : Daniel

Sur ce site, je vais publier mes réflexions sur la vie locale, nationale et plus, en fonction de l'actualité.

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