Pauvreté (suite)

J’ai récemment publié sur Facebook des commentaires élogieux sur Margaret Thatcher qui m’ont valu quelques volées de bois vert (que j’avais anticipées).

Je reviens donc sur le sujet, car à cette période, je travaillais dans une entreprise anglaise et je passais une semaine par mois en Angleterre, j’ai donc vécu la transformation Thatcher de l’intérieur.

Pour illustrer les problèmes posés par les syndicats dans les entreprise anglaises de l’époque, le meilleur moyen est de vous conter une anecdote personnelle :

« Je me rend donc en Angleterre pour une semaine, départ de mon domicile le dimanche après-midi pour être sur place le lundi matin. Je devais travailler sur un ordinateur relié au réseau téléphonique, mais à mon arrivée la prise téléphonique n’était pas branchée. Mon correspondant local me dit qu’il faut attendre le passage de l’électricien. Je passe donc mon lundi sur d’autres tâches, puis le mardi matin, sans que la fameuse prise ne soit branchée. Le mardi après-midi, je prend l’initiative d’exécuter cette tâche de haute technicité (1), je branche la fameuse fiche téléphonique dans la prise murale, et je me mets au travail. Le lendemain mercredi, l’électricien arrive enfin, suivi de son apprenti (car tout professionnel anglais un peu qualifié devait syndicalement disposer d’un esclave porteur de caisse à outil), il fait un scandale en voyant la prise branchée. Je suis convoqué par le directeur de l’entreprise qui m’explique que j’avais commis un crime de lès-électricien et qu’il ne fallait pas recommencer, quel qu’en soit le coût pour l’entreprise. Hors le coût c’est un billet d’avion, une voiture de location, une semaine d’hôtel et des restaurants. »

C’est avec ce genre de contraintes syndicales absurdes que l’on coule une entreprise et même un pays. La Grande Bretagne était paralysée et appauvrie par des grèves à répétition pour des motifs plus ou moins futiles, ce qui a conduit le pays au bord de la banqueroute. La Grande Bretagne était qualifiée « d’homme malade de l’Europe ».

Après l’arrivée de Margaret Thatcher, l’électricien et son apprenti ont disparu, j’ai réalisé d’autres branchements électriques sans aucun problème. J’ai constaté une plus grande souplesse dans l’organisation du travail, dans l’entreprise pour laquelle je travaillais, mais aussi dans les restaurants et les hôtels.

Le second point que je veux préciser, c’est qu’il faut être prudent lorsque l’on parle de pauvreté et de statistiques. Pendant la période Thatcher, certains disent que la pauvreté a augmenté et d’autres que c’est une ère de prospérité. Tous ont raison , car les méthodes de calcul du nombre de pauvres n’est pas réaliste. Explications et rappel :

  • Le revenu médian est celui pour lequel il y a autant de personne qui gagne plus et autant de personnes qui gagnent moins. Est pauvre en France quelqu’un qui a moins de 60% du revenu médian pour vivre.
  • Le problème c’est que le revenu médian varie en fonction de la richesse de la société et avec lui le seuil de pauvreté. Par exemple en France entre 1970 et 2012, le seuil de pauvreté est passé de 500 € à 1000 €, et pourtant on nous dit que la pauvreté augmente. C’est vrai, mais le pauvre d’aujourd’hui est deux fois plus riche que celui de 1970.
  • C’est ce qui c’est passé en Angleterre dans les années 80, c’est une période pendant laquelle toute la société britannique a prospéré, plus les riches que les pauvres, ce qui conduit au constat que les pauvres sont relativement plus nombreux, mais ils sont AUSSI plus riches. Margaret Thatcher avait expliqué cela au cours d’une séance aux Communes. Voir à 2 mn la vidéo suivante :

http://www.enquete-debat.fr/archives/quand-margaret-thatcher-donnait-une-lecon-aux-socialistes

  • Margaret Thatcher a été réélue 2 fois, avant d’être renversée par son propre camp, pas par les électeurs. A moins de considérer que les Anglais sont des imbéciles ou de ne pas accepter le résultat d’un vote démocratique (sous prétexte « les électeurs n’ont pas compris »), on est obligé de constater que la majorité des Britanniques a approuvé son action, qu’ils y ont trouvé leur compte.

La situation de la Grande Bretagne dans les années 70 était semblable à la situation française d’aujourd’hui : des lois bloquant la création d’entreprises et d’emplois, des syndicats rétrogrades bloquant toute modification des statuts, des grèves à répétition suivies par ceux qui sont les plus protégés et déjà en poste.


(1) Pour ceux qui l’ignorent, j’ai un diplôme d’ingénieur électronicien, ce qui m’autorise à dire que je suis compétent pour brancher une prise téléphonique.

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Auteur : Daniel

Sur ce site, je vais publier mes réflexions sur la vie locale, nationale et plus, en fonction de l'actualité.

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